Dotcom

7 avril - 10 juin 2012

  • Une proposition du collectif curatorial BSNP
    Avec : Anthony Antonellis, Sterling Crispin, Emilio Gomariz, Spiros Hadjidjanos, Martin Kohout, Jan Robert Leegte, Jacob Riddle, Rafael Rozendaal, Nicolas Sassoon, Hugo Scibetta + Éditions : Constant Dullaart, Drippy Bone Books, Junk Jet.

    Vernissage : samedi 7 avril à 19h

La question de l’art numérique dans la création actuelle est la plupart du temps explorée dans des structures ou festivals dédiés. Quel est l’intérêt pour un centre d’art dont la vocation est axée sur le soutien large à la création et la diffusion de l’art contemporain à s’emparer à son tour de cette question ? Quel regard nouveau peut-il y apporter ? C’est en parti ce questionnement qui a guidé les membres du collectif BSNP dans la réflexion qu’ils ont entreprise autour de la problématique des usages médiatiques.

Le collectif BSNP va donc investir les espaces du centre d’art bastille pour présenter une série d’expositions autour des arts numériques et des nouveaux médias. Cherchant à embrasser ce mouvement artistique dans toute sa diversité, le collectif BSNP a décidé d’opérer par cycle pour traiter à la fois le plus largement et le plus précisément, suivant les thématiques de chacune des expositions envisagées, les questionnements développés par ce mouvement artistique, tant sur le fond que sur la forme, en y apportant le regard extérieur ou plus normé de commissaires évoluant dans le domaine de l’art contemporain.

Sa première exposition, intitulée dotcom, tente de rentre compte de la matérialisation à l’œuvre dans les créations de la scène numérique très récente.

Pour mettre en œuvre ce questionnement, il a été décidé de spécifier un corpus d’artistes dont le principal repère est l’utilisation d’Internet comme premier support de création, non seulement en tant que lieu de monstration, mais aussi en tant que lieu de réflexion et de remise en question.

En effet, entant qu’outil révolutionnaire, les nouvelles technologies offrent des possibilités quasi infinies de développer la manière de penser, de créer, de présenter. En menant artistes et spectateurs vers des contrées où le virtuel et le réel perdent leur frontière, elles redéfinissent dans le même temps l’espace social et la notion d’art. Nombre de créations numériques naissent ainsi de l’envie de leurs initiateurs de faire. Et cette liberté, c’est celle que procurent les possibilités des nouvelles technologies. Et c’est naturellement sur Internet, univers sans frontières et quasiment sans limites, que ces artistes travaillent et présentent leurs créations.

Comment alors montrer, dans un espace autre qu’online, un travail qui, s’il prend appui sur des éléments tangibles tels que des programmes ou des applications, ne donnent principalement naissance qu’à des œuvres virtuelles? En interrogeant leur matérialité.

Matérialiser, c’est donner à quelque chose une forme matérielle, une réalité sensible, c’est situer l’immédiateté d’une œuvre dans sa représentation physique et non plus dans sa capacité à être constamment accessible par l’hypertexte. C’est déplacer le champ de l’œuvre et questionner à la fois l’œuvre et son dispositif de monstration.

Le choix des œuvres et des artistes présentés dans dotcom a été réalisé en fonction de ces interrogations. Tous ces artistes ont en commun une réflexion sur le medium Internet. Que ce soit Martin Kohout ou Constant Dullaart, qui explore chacun à leur manière la puissance virale du world wide web ou Sterling Crispin qui interroge les principes à l’œuvre dans les nouvelles technologies tout comme Emillio Gomariz mais d’une manière radicalement différente, chacun de ces artistes questionne à sa manière la réalité du virtuel. Réalité qui gagne peu à peu le travail de Nicolas Sassoon ou Rafael Rozendaal dans la mise en œuvre d’un principe de matérialité dans leur création en jouant sur uu diptyque online/offline et s’immisce dans celui d’Anthony Antonellis. Il n’y aurait peut-être que Spiros Hadjidjanos ou Jan Robert Leegte pour s’extraire de cette logique si ce n’est que leurs œuvres, en s’emparant de la réalité physique du virtuel, ne font que renforcer la validité d’un tel questionnement

En définitive, avec cette première exposition intitulée dotcom, le collectif BSNP souhaite donner à voir aux visiteurs du centre d’art des artistes qui constitue le présent, forcément partiel, de cette scène artistique ; le collectif souhaite ainsi partir de l’actuel le plus pur, pour dérouler par la suite, les finalités et les origines de cette génération d’artistes et de problématiques d’aujourd’hui : et alors, commencer à esquisser une image de l’art du XXIème siècle.

Collectif BSNP

Crédit photo : Centre d’art bastille

Dotcom_artistes

Cette exposition est réalisée grâce au soutien de la Ville de Grenoble, de la Régie du Téléphérique, de la Drac Rhône-Alpes, de la Région Rhône-Alpes, du Conseil général de l’Isère et de fonds privés grâce aux mécénats d’entreprises et de particuliers.

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