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Aujourd’hui nous continuons de vous parler de ✨ Nelson Pernisco ✨ le prochain artiste que nous accueillons en solo au Cab.

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Nelson Pernisco – “Montagne des mensonges”
Centre d’art bastille

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On vous renvoie vers le site internet de Nelson Pernisco avec  un texte de Florian Gaité sur le travail de l’artiste :

https://www.nelsonpernisco.com/

” L’œuvre de Nelson Pernisco s’aborde à l’image des tiers-lieux qu’il investit, comme un espace de libre indiscipline où la réflexion critique motive la production de nouvelles utopies. De squats urbains en friches industrielles, le plasticien s’est sensibilisé aux moyens d’occuper des territoires, de bâtir des habitats et à la façon dont ils catalysent des ordres politiques. Son esthétique sèche, dans une certaine mesure brutaliste, tient à la récupération de matériaux pauvres et récupérés, présentés comme les pierres de touche d’un monde peut-être déjà en ruines, au mieux en constant chantier. Empruntés à l’environnement urbain, au mobilier industriel ou à l’univers technologique, ces fragments disent dans son œuvre La précarité de l’époque et l’urgence d’en repenser les formes.

Ses sculptures et installations trahissent cette instabilité générale dont Nelson Pernisco travaille le motif. Les huit étais posés à l’horizontal de La quadrature suffisent à poser le constat global d’un basculement dans l’irrationnel des sociétés post-industrielles, d’un renversement des logiques et des rapports de force qui trouble leur équilibre. En réponse, il édifie des constructions précaires, parfois proches des cabanes — rampes de skate en béton, antre vaginal , sauna techno  ou coffrage impénétrable de bunker — qui échouent à offrir confort et protection. Si le sentiment de vulnérabilité y domine, il semble néanmoins compensé par la promotion de modes de vie alternatifs, comptant sur l’insouciance du jeu et la vie en communauté pour repenser les relations sociales.Les références aux drogues récréatives ou à des sextoys monstrueux renvoient en ce sens à des mutations biopolitiques qui constituent à la fois une conséquence délétère des métamorphoses du monde et la promesse salutaire d’un sursaut de vie.

A ce sentiment d’insécurité devenu tonalité de fond de l’époque, Nelson Pernisco oppose la résistance comme mode d’action concret. Trainer un meuble en métal du nord au sud de Paris ou éprouver l’étirement de son corps à l’aide d’un élastique intègrent la performance à ses protocoles de production quand le choix de matériaux tenaces en redouble l’intention. En seconde lecture, cette opposition physique est renvoyée à une dissidence d’ordre politique. Témoin du glissement de la « société de l’enfermement » vers celle « de contrôle », de la discipline d’Etat vers la surveillance généralisée, le plasticien cherche à renverser symboliquement les processus de coercition par lesquelles les sociétés néolibérales et les gouvernances de l’état d’urgence musèlent les individus. En retournant un dispositifde surveillance contre les policiers ou en associant le drapeau français à un bouclier antiémeute, le plasticien s’empare ainsi des outils du pouvoir pour réarmer le projet émancipatoire de l’art.

Son goût pour les matériaux brûlés, les compressions d’objets et les compositions chaotiques motive enfin le choix d’une plasticité destructrice, procédant par effacement ou destruction de formes initiales, juste réponse apportée à la violence de l’environnement contemporain.De trainée de poudre en cocktails Molotov, de rebuts industriels calcinés en formes vides, Nelson Pernisco active dans son œuvre le langage formel d’un véritable plastiquage des volumes et des espaces, souvent traité avec un humour qui en déjoue la vision d’angoisse. Cette distance ironique offre en effet un contrepoint à la poésie nihiliste des titres, expression d’une mélancolie face au délabrement du monde et à sa nécessaire entropie. Le sablier déconstruit de Le commencement et la fin, la tombe creuséeà même la neige de La poussière de l’heure et la cendre du jour, ou les ventilations toxiques de Temps, mort constituent en ce sens les vanités d’un monde post-humain à l’état germinal, l’indice que le recouvrement de l’homme par la technique menace pleinement son devenir. “

 

Photographie : Nelson Pernisco “La découverte de l’ignorance”, 2018

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