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• Fabrice Croux
Faire des tas

Project Room :
Florent Dubois
Mais que vont dire nos amis ?

Du 9 octobre - 8 janvier 2017
Vernissage le 8 octobre à 19h.

Contremarque INDIVIDUELLE à imprimer et à présenter impérativement en gare de départ du téléphérique pour bénéficier d’un aller-retour offert par la Régie du Téléphérique. Valable uniquement pour le samedi 8 octobre 2016 de 19h00 à 21h00 uniquement. (en dehors de cette tranche horaire le ticket est aux tarifs habituels, même pour les porteurs de cette contremarque).


Dossier de presse
 
Fabrice Croux _ Faire des tas

« Alors que je venais de tomber sur des propos savoureux d’Alain dans Méduse & Co de Roger Caillois, établissant un
parallèle entre la forme conique du tas et les pyramides, Fabrice Croux me confirma son intention d’intituler son exposition au Cab, Faire des tas.
Comment ainsi ne pas penser aux Sylvains - ces tas de sable de chantier animés de fines guirlandes lumineuses -
ainsi qu’a ses autres pièces issues de gestes et de formes tout aussi rudimentaires, sans imaginer qu’ils puissent expliquer par leur caractère élémentaire, la longévité des constructions égyptiennes, « monuments construits déjà écroulés »1. S’agissant de pyramide, l’analogie au tas, aussi cocasse soit-elle, introduit une idée séduisante : élever une architecture selon une forme contrainte par la pesanteur - une manière de concilier l’humilité (on ne sait jamais, mieux vaut assurer le coup) au gigantisme, à la démesure.

Toute proportion gardée, Fabrice Croux n’étant pas attiré par le format de la sculpture monumentale, cette ambivalence pourrait être un axe pour appréhender son travail : une modestie revendiquée - il répète que sa pratique relève de gestes élémentaires, qu’il effectue quotidiennement - et une générosité débridée, consistant à en faire toujours plus. Pas plus haut ou plus grand, mais plus clinquant. Il se définit d’ailleurs souvent comme un artiste baroque, entendons qu’il ne ménage pas les effets dramatiques. Il faut le voir chanter sous son pull en
mohair rose des balades sentimentales ; ou regarder ses portraits de chiens aux regards si mélancoliques sur papier
Sopalin, pour comprendre. Ça coule, ça clignote, ça brille, ça déborde.
À la simplicité de ses formes initiales - des tas donc, des montagnes, mais aussi des grottes - et la sécheresse de ses
matériaux - du bois, du papier, du sable, de la terre - Fabrice Croux associe toutes sortes d’apparats ornementaux. L’exagération, ou encore l’emphase souvent perçues comme posture ostentatoire, m’apparaissent ici comme l’expression de la politesse (qui va de pair il me semble avec la générosité) et peut-être aussi d’une certaine forme d’humilité, qui n’exclut pas non plus l’humour. L’exubérance ou la futilité, même si elle met à distance la gravité du monde, tente modestement de concilier les contraires dans une quête d’harmonie. La sagesse nous dicterait ainsi de faire de chaque jour un grand soir, et d’arborer quoiqu’il advienne un costume de fête.
 
Le déguisement ici ne trompe personne, Fabrice n’a pas le souci de l’illusion. Son monde est peuplé d’objets qui donnent à voir leurs différences. Ils sont en effet trop petits ou trop grands pour être sculptures, maquettes, ou éléments de décor ; trop brillants pour représenter une montagne, une grotte ou une architecture ; trop colorés pour incarner un chien ou un dauphin. Le costume fait dire je suis une chose et une autre, et parce que je suis double, je ne vous mens pas.

Aux côtés de ces créatures, Fabrice Croux a invité David Lefebvre à présenter quelques unes de ces dernières toiles
intitulées Bu bulle. On reconnait des montagnes mais on imagine qu’avec pareil énoncé, le sujet est ailleurs. Engluée
dans la peinture, on distingue en effet une poche d’air dans le paysage. Elle n’a rien à faire là et pourtant cette présence aussi fantaisiste soit-elle nous renseigne sur la nature profonde de ce que qui est donné à voir : de la peinture.
Il n’a ainsi jamais été question de représenter un paysage, une montagne ou une quelconque architecture. La bulle d’air et tous les effets déployés dans le travail de David Lefebvre et Fabrice Croux, au-delà de leur apparente vacuité, ouvrent un espace d’abstraction pure et recréent ainsi les conditions premières d’apparition des oeuvres d’art.»

Solenn Morel
1 Méduse & Co, Roger Caillois, Gallimard, 1960, p.45

Fabrice Croux est diplômé de la Villa Arson - ENSA de Nice en 2001, de l’ESAD de Grenoble en 2005 et de l’ESAA d’Annecy (DSRA) en 2015. Membre actif de l’Association pour l’Agencement des Activités, il prend part de 2007 à 2013 au projet collectif du centre d’art OUI à Grenoble. Depuis 2000, il participe à diverses résidences et son travail est régulièrement exposé en France et à l’étranger. Il a notamment bénéficié de la bourse des arts plastiques de la Ville de Grenoble et participé à l’exposition Rendez—Vous | Biennale de Lyon 2015 à l’Institut d’art contemporain, Villeurbanne/Rhône-Alpes.

Toutes les oeuvres présentées par Fabrice Croux dans le cadre de son exposition Faire des tas au Centre d’art bastille sont des productions 2016.
 
   
Project Room : Florent Dubois _ Mais que vont dire nos amis ?

Quand en 1924, l’expédition britannique menée par Georges Mallory a tenté et peut-être réussi l’ascension de l’Everest (le mystère demeure toujours), le géologue qui les accompagnait eut la surprise de découvrir des fragments de fossiles océaniques à plus de 7000 mètres d’altitude. La présence improbable de ces roches sur la plus haute montagne du monde contribua à préciser le concept de dérive des continents et la théorie de la tectonique des plaques. Au-delà de l’aspect purement scientifique, il y a quelque chose dans la conciliation fascinante de ces deux mondes, les hauts sommets d’un côté et des fonds marins de l’autre, dans l’exposition au grand air de vestiges d’une histoire enfouie, qui n’est pas sans évoquer, il me semble, l’exposition de Florent Dubois, Mais que vont dire nos amis ?

Le Cab, installé dans une des casemates d’un ancien fort militaire, est perché sur un imposant rocher calcaire dominant Grenoble et offre un panorama exceptionnel sur les montagnes avoisinantes. Dans cet espace austère, installé en contrebas des autres salles d’exposition, l’imitation océanique que propose Florent Dubois semble remonter le cours de l’histoire géologique en y superposant celle de l’aquariophilie et des expérimentations menées dans l’Angleterre industrielle et curieuse du XIXème.

À mesure que l’on pénètre dans l’espace en empruntant un étroit escalier, on distingue dans une relative pénombre,
répartis sur des chemises chamarrées posées à même le sol, des petits îlots composés de céramiques et de poteries chinées, enchevêtrées les unes aux autres et rehaussées pour certaines de coraux artificiels. Les céramiques semblent avoir attirées telles des aimants, des cruches aussi bien des décorations d’aquarium.

Les poteries chinées témoignent d’une domestique modernité aquatique : amphores vaguement méditerranéennes,
lampes poissons Vallauris, insouciants petits dauphins nacrés, conques et coquillages porte-savon. Au gré des multiples cuissons, des mélanges et des collages, les pots se muent en rocaille, englués pour toujours aux rocherssupports que sculpte Florent Dubois, fondant littéralement les uns sur les autres.

On imagine alors une histoire sous-jacente, une catastrophe, un naufrage peut-être (avec en tête les images de l’épave du Titanic), qui aurait scellé par effet de sédimentation ces éléments les uns aux autres. La scène n’est d’ailleurs pas sans rappeler les chantiers de fouilles archéologiques, formidables espaces d’exposition où l’objet du spectacle ne se situe pas tant dans les vestiges eux-mêmes que dans leur exhibition. Non pas qu’ils ne sont pas importants ou précieux, bien au contraire, mais la fascination, qu’ils exercent, repose en partie sur une mise en scène parfaitement maitrisée.

Mais que vont dire nos amis ? propose également un dispositif simple et imparable : pas de socles, juste une variété de chemises imprimées sur lesquelles reposent à même le sol les objets éclairés par une légère lumière rasante. Mélange de délicatesse et d’efficacité, ainsi que d’un goût certain pour le bariolage. Bizarrement peut-être, je me suis rappelée, en imaginant cet agencement, la fameuse tortue de Jean des Esseintes, héros du roman À rebours, qui exhibait sur sa carapace une sélection de magnifiques pierres précieuses. Ornée ainsi, la vivante tortue devait gambader sur un tapis oriental fastueux et en sublimer les complexes motifs 1. L’exposition était parfaite, malheureusement le pauvre animal finit écrasé sous le poids des joyaux 2. Aucune inquiétude, selon la formule consacrée, nul animal n’a été maltraité durant cette exposition. Florent Dubois accepte lui, contrairement au personnage de Huysmans, une part d’imperfection. Ses oeuvres sont essentiellement animées par ce qui émane, ce qui commence d’où parfois leur aspect inachevé, comme si le geste avait été interrompu par un besoin de renouveau trop pressant. L’accomplissement ne passe pas forcément par des formes
fermées et définitives, et le fragment, concilié à un tout, ouvre un potentiel d’interprétation extrêmement riche. D’où cet énoncé volontairement suspendu…. Mais que vont dire nos amis ?

Solenn Morel
 
1«Cette tortue était une fantaisie venue à des Esseintes quelque temps avant son départ de Paris. Regardant, un jour, un tapis d’Orient, à reflets, et, suivant les lueurs argentées qui couraient sur la trame de la laine, jaune aladin et violet prune, il s’était dit: il serait bon de placer sur ce tapis quelque chose qui remuât et dont le ton foncé aiguisât la vivacité de ces teintes.» À rebours, Joris-Karl Huysmans, Paris, G. Charpentier, 1884

2«Elle ne bougeait toujours point, il la palpa ; elle était morte. Sans doute habituée à une existence sédentaire, à une humble vie passée sous sa pauvre carapace, elle n’avait pu supporter le luxe éblouissant qu’on lui imposait, la rutilante chape dont on l’avait vêtue, les pierreries dont on lui avait pavé le dos, comme un ciboire.» À rebours, Joris-Karl Huysmans, Paris, G. Charpentier, 1884


Florent Dubois est né en 1990. Il est diplômé de l’ENSBA de Lyon en 2013.

Toutes les oeuvres présentées par Florent Dubois dans le cadre de la Project Room Mais que vont dire nos amis? au Centre d’art bastille sont des productions 2016.

Dans le cadre de son exposition au Centre d’art bastille Florent Dubois a bénéficié d’une résidence d’un mois (août 2016) à la résidence d’artiste de la Fondation Albert Gleizes, Moly Sabata.
www.moly-sabata.com
 
   
   
Ces expositions sont réalisées grâce au soutien de la Ville de Grenoble, de la DRAC Rhône-Alpes, de la Région Rhônes- Alpes, du Conseil départemental de l’Isère, de la Régie du téléphérique et de fonds privés grâce aux mécénats d’entreprises et de particuliers. Nous remercions Fabrice Croux, Florent Dubois, David Lefebvre, Solenn Morel, Moly Sabata : Pierre David, Joël Riff, Virginie Retornaz et Mathias Tujague.
Le CAB est membre de DCA, association pour le développement des centres d’art.
 
   
 
Œuvres présentées  
   
   
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